Le musée imaginaire d’Edgar Morin

By | 28 janvier 2017

Le colloque « La pensée complexe d’Edgar Morin » de janvier 2017 @ Poitiers s’est ouvert par la visite de son musée imaginaire. Réalisé sur Internet, il est aussi prévu d’en faire une publication. Cette idée est le fruit d’un dialogue commencé en 1994 entre Didier Moreau directeur de l’Espace Mendès France de Poitiers et Edgar Morin. Tout a commencé par  un malentendu. Croyant appelé le Futuroscope de Poitiers où il devait se rendre, Edgar Morin a en fait composé le numéro de téléphone de l’espace Mendes France… et Didier Moreau lui a répondu, initiant ainsi un dialogue fructueux de plus de 20 ans. Pour Edgar Morin, la dynamique de cet espace a été son bouillon de culture, un lieu important de ressourcement. Ce musée imaginaire est un des moyens de partager généreusement avec le public l’essence de ces intenses échanges. On passe des entrelacs figurant sur les faïences de Cordoue, à Octavio Paz, de la libération de Paris à des citations, chaque vignette étant commentée en direct par Edgar Morin. Au nombre de 45 actuellement, au final, il y en aura plus de 80. L’évocation de la libération de Paris est la plus intense. Edgar Morin se souvient de l’instant précis où toutes les cloches des églises de Paris se sont mises à sonner en même temps pour accueillir la colonne Leclerc. Son émotion a redoublé lorsqu’il a constaté qu’elle était composée de soldats espagnols des deux bords,  irréductibles ennemis, ayant pourtant fait fi de leurs différends pour, ensemble, libérer Paris. Ému aux larmes, Edgar Morin confie que cette période a été pourtant une des plus heureuse de sa vie, par la pertinence de chaque action. Plus que la mort, ce qui faisait peur, c’était la torture, et plus que la torture, de parler.